Diagnostic de l'endométriose : examens, étapes et parcours de soins

Quand suspecter une endométriose ?

Publié le 16/01/2026 Tatiana VIRGINIE

Diagnostic de l'endométriose : examens, étapes et parcours de soins

Sommaire

    Le diagnostic d'endométriose prend en moyenne 7 ans entre les premiers symptômes et le diagnostic. Cette « errance diagnostique » s'explique par plusieurs facteurs : méconnaissance de la maladie, banalisation des douleurs menstruelles, et difficulté à visualiser certaines lésions.

    Pourtant, un diagnostic précoce est essentiel pour mettre en place une prise en charge adaptée et limiter la progression de la maladie. Si vous présentez des symptômes évocateurs, il est important de savoir vers qui vous tourner et quels examens peuvent être réalisés.

    Cet article fait suite à nos guides Comprendre l'endométriose et Symptômes et douleur. Nous allons ici détailler le parcours diagnostique, les examens disponibles, et comment optimiser vos consultations.

     

    Quand suspecter une endométriose ?

    Le diagnostic d'endométriose commence par une suspicion clinique basée sur vos symptômes et votre histoire médicale.

    Symptômes clés qui doivent alerter

    Certains symptômes sont particulièrement évocateurs d'endométriose et justifient une exploration :

    • Dysménorrhée sévère : règles très douloureuses, progressives dans le temps, résistant aux antalgiques habituels

    • Dyspareunie profonde : douleurs pendant les rapports sexuels, ressenties en profondeur

    • Douleurs pelviennes chroniques : en dehors des règles, continues ou intermittentes

    • Symptômes digestifs cycliques : douleurs à la défécation, rectorragies, ballonnements aggravés pendant les règles

    • Symptômes urinaires cycliques : brûlures, douleurs à la miction, hématurie pendant les règles

    • Infertilité : difficultés à concevoir après 6 à 12 mois de tentatives

    La présence d'un seul de ces symptômes peut suffire à justifier une consultation spécialisée, surtout si vous avez des antécédents familiaux d'endométriose.

    Historique et informations à noter avant la consultation

    Pour aider votre médecin à poser le diagnostic, préparez les informations suivantes :

    • Âge d'apparition des symptômes et évolution dans le temps

    • Caractéristiques de vos cycles : durée, régularité, abondance des règles

    • Localisation et intensité des douleurs (utilisez une échelle de 0 à 10)

    • Moments d'apparition : règles, ovulation, rapports, toujours présentes

    • Traitements déjà essayés et leur efficacité

    • Antécédents familiaux d'endométriose

    • Impact sur votre vie quotidienne : travail, vie sociale, vie intime

    Un journal de symptômes sur 2 à 3 cycles peut être particulièrement utile pour objectiver le caractère cyclique des symptômes.

    À qui s'adresser pour le diagnostic ?

    Le parcours diagnostique peut commencer par différents professionnels, selon votre situation et votre accès aux soins.

    Médecin traitant : première étape possible

    Votre médecin généraliste peut être votre premier interlocuteur. Il pourra :

    • Vous écouter et prendre vos symptômes au sérieux

    • Réaliser un premier examen clinique

    • Vous orienter vers un gynécologue ou un spécialiste

    • Prescrire des examens de première intention

    Si votre médecin traitant minimise vos symptômes ou refuse de vous orienter, n'hésitez pas à consulter un autre professionnel. Vous avez le droit d'être écoutée et prise en charge.

    Gynécologue ou sage-femme : acteurs clés du diagnostic

    Le gynécologue ou la sage-femme sont les professionnels de santé les plus à même de diagnostiquer une endométriose. Ils peuvent :

    • Réaliser un examen clinique spécialisé (examen gynécologique et toucher vaginal à la recherche de nodules)

    • Prescrire et interpréter les examens complémentaires (échographie, IRM)

    • Proposer une première prise en charge médicale si le diagnostic est posé

    • Vous orienter vers un centre spécialisé si nécessaire

    L'examen clinique réalisé par un professionnel expérimenté est essentiel : il permet parfois de palper des nodules d'endométriose profonde, d'identifier un utérus rétroversé fixé, ou de détecter une douleur à la mobilisation utérine.

    Centres spécialisés et experts de l'endométriose

    En cas d'endométriose sévère, profonde, ou de diagnostic complexe, une consultation dans un centre expert peut être recommandée. Ces centres offrent :

    • Une prise en charge multidisciplinaire (gynécologues, radiologues, chirurgiens digestifs et urologues si nécessaire)

    • Une expertise spécifique en imagerie de l'endométriose

    • Des réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP) pour discuter des cas complexes

    • Un accompagnement global (douleur, fertilité, soutien psychologique)

    L'accès à ces centres peut nécessiter une orientation médicale. N'hésitez pas à demander à votre gynécologue s'il existe un centre expert près de chez vous.

    Examens utilisés pour le diagnostic

    Le diagnostic d'endométriose est avant tout clinique (basé sur les symptômes et l'examen physique). Les examens d'imagerie viennent confirmer et préciser le diagnostic, mais ne peuvent pas l'infirmer à eux seuls. Pour mieux comprendre les différentes formes de la maladie, consultez notre article sur les formes d'endométriose.

     

     

    Test salivaire Endotest (nouveauté 2025)

    Depuis février 2025, un test salivaire innovant appelé Endotest est pris en charge par la Sécurité sociale dans le cadre du forfait innovation. Développé par la société française Ziwig, ce test analyse les micro-ARN présents dans la salive grâce à l'intelligence artificielle pour détecter les biomarqueurs de l'endométriose.

    Ce test est indiqué pour les femmes de 18 à 43 ans présentant des symptômes évocateurs d'endométriose, mais dont l'examen clinique et l'imagerie n'ont pas permis de confirmer le diagnostic. Il est prescrit par un gynécologue et réalisé dans l'un des 100 hôpitaux participants. Les résultats sont disponibles en une dizaine de jours.

    L'Endotest présente une fiabilité supérieure à 95 % et pourrait permettre d'éviter une coelioscopie diagnostique dans certains cas. Cette avancée majeure vise à réduire l'errance diagnostique qui dure en moyenne 7 ans en France.

    Échographie pelvienne : examen de première intention

    L'échographie pelvienne est généralement le premier examen prescrit. Elle est réalisée par deux voies :

    • Voie sus-pubienne (échographie abdominale, vessie pleine)

    • Voie endovaginale (plus précise, permet une meilleure visualisation des organes pelviens)

    Ce qu'elle peut détecter :

    Kystes ovariens endométriosiques (endométriomes ou « kystes chocolat »)

    Nodules d'endométriose profonde au niveau du cul-de-sac de Douglas, des ligaments utéro-sacrés

    Adhérences entre les organes dans certains cas

    Ses limites : l'échographie ne visualise pas les lésions superficielles péritonéales. Elle peut donc être normale même si vous avez une endométriose. Un examen normal n'exclut pas le diagnostic.

    L'échographie doit idéalement être réalisée par un radiologue expérimenté en imagerie gynécologique, de préférence en deuxième partie de cycle (après l'ovulation) pour une meilleure visualisation.

    IRM pelvienne : examen de référence pour l'endométriose profonde

    L'IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) est l'examen le plus précis pour détecter et cartographier l'endométriose profonde. Elle permet :

    • Une visualisation détaillée des lésions profondes

    • L'évaluation de l'atteinte des organes (intestin, vessie, uretères)

    • Une cartographie préopératoire si une chirurgie est envisagée

    • La détection des endométriomes ovariens

    Quand faire l'IRM dans le cycle ? Pour une meilleure visualisation des lésions, l'IRM doit idéalement être réalisée :

    En deuxième partie de cycle (après l'ovulation, entre J14 et J25 environ)

    Ou juste avant les règles

    À ce moment du cycle, les lésions sont plus vascularisées et donc plus visibles. Mentionnez la date de vos dernières règles lors de la prise de rendez-vous pour que l'examen soit programmé au bon moment.

    Comme pour l'échographie, l'IRM doit être réalisée par un radiologue expérimenté en endométriose. N'hésitez pas à demander à votre médecin de vous orienter vers un centre expert en imagerie.

    Autres examens et situations particulières

    Échographie endorectale : cet examen spécialisé peut être proposé en cas de suspicion d'endométriose digestive importante. Il permet une visualisation précise de la paroi rectale et du bas rectum.

    Cystoscopie ou rectoscopie : ces examens endoscopiques (caméra dans la vessie ou le rectum) peuvent être proposés en cas de suspicion d'atteinte de la muqueuse de ces organes, notamment en présence de sang dans les urines ou les selles pendant les règles.

    Coelioscopie diagnostique : historiquement considérée comme le « gold standard » du diagnostic, cette chirurgie exploratrice sous anesthésie générale permettant de visualiser directement la cavité abdominale n'est plus systématique. Les recommandations internationales actuelles admettent qu'un diagnostic clinique et radiologique suffit dans la majorité des cas pour débuter une prise en charge. La coelioscopie est aujourd'hui principalement réalisée dans un but thérapeutique (retrait des lésions) plutôt que diagnostique seul.

    Analyses de sang : il n'existe pas de marqueur sanguin spécifique et fiable pour diagnostiquer l'endométriose. Le CA-125, parfois dosé, peut être élevé en cas d'endométriose sévère mais manque de sensibilité et de spécificité. Il n'est donc pas recommandé comme outil diagnostique de routine.

    Comprendre les résultats des examens

    Interpréter les résultats des examens peut être délicat. Voici quelques repères pour mieux comprendre votre situation.

    Limites de l'imagerie : un examen normal n'exclut pas le diagnostic

    Point essentiel à retenir : une échographie et/ou une IRM normales ne permettent pas d'exclure une endométriose.

    Les lésions superficielles péritonéales, même si elles peuvent être très douloureuses, ne sont généralement pas visibles à l'imagerie. Ces lésions représentent pourtant une part importante des endométrioses diagnostiquées.

    Le diagnostic d'endométriose reste avant tout clinique :

    Si vous avez des symptômes très évocateurs (douleurs menstruelles sévères, dyspareunie profonde, douleurs cycliques)

    Et un examen clinique compatible

    Mais une imagerie normale

    Le diagnostic d'endométriose peut être retenu et une prise en charge peut être débutée sans attendre une confirmation chirurgicale.

    Quand demander un second avis

    N'hésitez pas à solliciter un second avis si :

    • Vos symptômes sont très évocateurs mais vos examens sont normaux et votre médecin écarte le diagnostic

    • Le diagnostic est complexe avec suspicion d'endométriose profonde ou d'atteinte d'organes

    • Une chirurgie est proposée et vous souhaitez un avis complémentaire

    • Vous ne vous sentez pas écoutée ou prise au sérieux

    • Vous avez le droit de consulter plusieurs professionnels jusqu'à trouver quelqu'un qui vous écoute et vous accompagne de manière satisfaisante. Les associations de patientes (EndoFrance, Endomind) peuvent vous orienter vers des professionnels formés à l'endométriose dans votre région.

    Bien préparer sa consultation


     

    Une bonne préparation de votre consultation peut faire gagner un temps précieux dans le parcours diagnostique.

    Questions à poser à votre médecin

    N'hésitez pas à poser toutes vos questions. En voici quelques-unes qui peuvent vous guider:

    Pensez-vous que mes symptômes sont évocateurs d'endométriose ?

    Quels examens me conseillez-vous dans ma situation ?

    À quel moment de mon cycle dois-je réaliser ces examens ?

    Si les examens sont normaux, cela exclut-il le diagnostic ?

    Devez-vous m'orienter vers un centre spécialisé ?

    Que faire en attendant les résultats des examens ? Puis-je commencer un traitement symptomatique ?

    Quelles seront les prochaines étapes après le diagnostic ?

    Documents et informations à apporter

    Constituez un dossier complet avec :

    • Votre journal de symptômes sur au moins 2 à 3 cycles

    • Les résultats de vos examens antérieurs (échographies, IRM, analyses)

    • La liste de vos traitements actuels et passés avec leur efficacité

    • Vos antécédents médicaux et chirurgicaux

    • Les antécédents familiaux d'endométriose

    N'hésitez pas à vous faire accompagner par un proche lors de la consultation. Deux paires d'oreilles valent mieux qu'une, surtout si beaucoup d'informations sont données.

    Après le diagnostic : et maintenant ?

    Recevoir un diagnostic d'endométriose peut susciter des émotions contradictoires : soulagement d'avoir enfin un nom sur ses souffrances, mais aussi inquiétude face à une maladie chronique.

    Explorer les options de prise en charge

    Une fois le diagnostic posé, plusieurs options s'offrent à vous. Pour les explorer en détail, consultez notre article sur les options de prise en charge.

    Selon votre situation, votre médecin pourra vous proposer :

    • Un traitement hormonal pour contrôler les symptômes

    • Une prise en charge de la douleur adaptée

    • Une chirurgie si nécessaire et après discussion approfondie

    • Un accompagnement global (physiothérapie, soutien psychologique, approches complémentaires)

    Si vous avez un projet de grossesse, les stratégies seront adaptées. Consultez notre article sur l'endométriose et la fertilité pour plus d'informations.

    Suivi médical et adaptation de la prise en charge

    L'endométriose étant une maladie chronique, un suivi régulier est important :

    • Évaluation régulière de l'efficacité des traitements

    • Adaptation si nécessaire selon l'évolution des symptômes

    • Surveillance par imagerie en cas d'endométriomes ou de lésions profondes

    • Accompagnement des projets de vie (fertilité, gestion au travail, etc.)

    La fréquence des consultations dépendra de votre situation : tous les 3 à 6 mois en phase d'ajustement du traitement, puis tous les 6 à 12 mois une fois que la situation est stabilisée.

    Questions fréquentes sur le diagnostic

    Comment se faire diagnostiquer l'endométriose ?

    Le diagnostic commence par une consultation avec votre médecin traitant, gynécologue ou sage-femme. Après un examen clinique, des examens d'imagerie peuvent être prescrits : échographie pelvienne (première intention) et/ou IRM pelvienne (référence pour l'endométriose profonde). Le diagnostic est posé sur la base des symptômes, de l'examen clinique et des résultats d'imagerie. Une imagerie normale n'exclut pas le diagnostic si les symptômes sont évocateurs.

    Est-ce que l'endométriose se voit à l'échographie ?

    L'échographie peut détecter les kystes ovariens endométriosiques (endométriomes) et certaines lésions d'endométriose profonde. En revanche, les lésions superficielles péritonéales ne sont généralement pas visibles. Une échographie normale ne permet donc pas d'exclure une endométriose. L'examen doit idéalement être réalisé par un radiologue expérimenté en gynécologie, de préférence en deuxième partie de cycle.

    À quel moment du cycle faire une IRM pour l'endométriose ?

    L'IRM doit idéalement être réalisée en deuxième partie de cycle, après l'ovulation (entre J14 et J25 environ) ou juste avant les règles. À ce moment, les lésions sont plus vascularisées et donc mieux visibles. Mentionnez la date de vos dernières règles lors de la prise de rendez-vous pour que l'examen soit programmé au bon moment. Certains centres proposent des protocoles spécifiques pour l'endométriose.

    Faut-il forcément faire une coelioscopie pour diagnostiquer l'endométriose ?

    Non. Les recommandations internationales actuelles admettent qu'un diagnostic clinique et radiologique (échographie et/ou IRM) suffit dans la majorité des cas pour débuter une prise en charge. La coelioscopie diagnostique n'est plus systématique. Elle est aujourd'hui principalement réalisée dans un but thérapeutique (retrait des lésions) lorsqu'une chirurgie est jugée nécessaire, et non plus uniquement pour poser le diagnostic.

    Combien de temps faut-il pour obtenir un diagnostic ?

    Le délai moyen entre les premiers symptômes et le diagnostic est malheureusement encore de 7 ans en France. Ce délai s'explique par la méconnaissance de la maladie, la banalisation des douleurs menstruelles, et parfois des difficultés d'accès à des professionnels formés. Plus vous consultez tôt en cas de symptômes évocateurs, plus le diagnostic peut être posé rapidement. N'hésitez pas à solliciter un second avis si vous ne vous sentez pas écoutée.

    Le diagnostic d'endométriose peut parfois être long et semé d'embûches, mais ne vous découragez pas. Chaque étape franchie vous rapproche d'une prise en charge adaptée et d'une amélioration de votre qualité de vie.

    Faites-vous confiance, écoutez votre corps, et n'hésitez pas à consulter plusieurs professionnels jusqu'à trouver quelqu'un qui vous prend au sérieux. Vous connaissez votre corps mieux que quiconque, et votre ressenti est précieux.

    Chez Hollis, nous sommes à vos côtés pour vous accompagner tout au long de votre parcours. N'hésitez pas à explorer nos ressources et nos formules pensées pour soutenir votre bien-être.

     

    Les compléments alimentaires ne se substituent pas à une alimentation variée et équilibrée et à un mode de vie sain. Tenir hors de portée des enfants. Ne pas dépasser la dose journalière recommandée.

    Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas un avis médical professionnel. Consultez toujours votre médecin ou un autre professionnel de santé qualifié pour toute question relative à votre état de santé.

    Retour
    LA référence santé féminine, présente dans plus de 1500 pharmacies.

    LA référence santé féminine, présente dans plus de 1500 pharmacies.

    Où nous trouver ?

    Suivez-nous sur Instagram

    Fertilité, grossesse, cycle, ménopause, équilibre hormonal

    @laboratoirehollis
    @laboratoirehollis